La sécurité des routes en Allemagne

Même dans les jours précédant la mobilisation, un sombre pressentiment planait sur les troupes allemandes : Prenez garde ! Soyez […]

Même dans les jours précédant la mobilisation, un sombre pressentiment planait sur les troupes allemandes : Prenez garde ! Soyez sur vos gardes ! Peu de temps auparavant, plusieurs procès d’espionnage retentissants avaient prouvé avec quelle diligence les Français et les Russes œuvraient, poussant de certains d’entre eux à commettre des crimes odieux et à trahir l’Allemagne. Ainsi, lorsque la guerre sembla inévitable, la méfiance s’empara involontairement de tous les Allemands ; quiconque affichait un comportement inhabituel était scruté de plus près. Et même si, dans l’effervescence générale, quelques erreurs furent commises, même si, dans une juste colère face à la traîtrise et à la fourberie de leurs ennemis, la détermination se mua en réaction excessive : en aucun cas, il fut impossible de perturber ou de retarder la mobilisation allemande, pas même de quelques heures.

La sécurité sur les routes en Allemagne en 1914
Les garde-frontières sont partout en ce début de guerre. (Photographie à l’origine en noir et blanc, colorisée par intelligence artificielle. Source : Illustrierte Geschichte des Weltkrieges))

Comme pour toutes les autres branches de la mobilisation, le même soin que nos autorités militaires ont manifesté tout au long des années de paix a été apporté à la protection de nos routes et de nos infrastructures ferroviaires. La protection des troupes et leur déploiement ultérieur contre toute ingérence ennemie incombent aux gardes-frontières dans les régions frontalières. Leur action est d’autant plus rapide que la zone concernée est menacée. Tous ceux qui sont chargés de cette mission – réservistes, conscrits et miliciens – savent précisément ce qu’ils ont à faire. Quelques heures après l’ordre de mobilisation, les conscrits, entièrement équipés et armés, se rendent en toute hâte à leurs postes respectifs : garde des ponts, des gares, des tunnels et autres ouvrages d’art, ou missions de reconnaissance et de communication, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières. Quiconque a dû emprunter le chemin de fer pendant les jours de mobilisation a vu les forces de sécurité nécessaires à chaque aiguillage, à chaque passage à niveau, à chaque tête de pont, bref, à chaque point important.

Avec la même méticulosité que pour les moyens de transport, les routes étaient également surveillées, notamment les automobiles qui y circulaient. On supposait d’emblée que des ennemis malveillants, conscients de la surveillance stricte des gares, tenteraient d’exploiter ce véhicule des plus modernes à des fins néfastes. Ce qui fut précisément saisi et neutralisé ne sera connu qu’après la guerre. Mais là aussi, les Allemands ont parfaitement réussi, car quelques jours plus tard seulement, les autorités purent annoncer qu’il ne restait plus une seule automobile étrangère sur le sol allemand.

Les puissances étrangères ennemies avaient, bien sûr, également mis en place un service de surveillance militaire de leurs chemins de fer. Mais si elles ne s’en prenaient pas aux coupables issus de leurs propres rangs, elles auraient au moins pu s’épargner ces efforts contre nous sur le territoire national. Car il n’est pas dans la nature allemande de traquer officiellement les criminels qui, sous couvert d’hospitalité, fabriquent des bombes pour les lancer en embuscade sur des ponts et des trains en marche.

Article traduit de l’allemand

Voir également : La Croix Rouge allemande

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