Le 2 septembre 1914, au tout début de la Première Guerre mondiale, la ville de Senlis bascule dans l’horreur. Au cœur de cette tragédie se tient un homme : Eugène Odent, maire de la commune depuis 1912. Face à l’invasion imminente des troupes allemandes, cet administrateur dévoué fait le choix courageux de rester à l’hôtel de ville pour protéger ses administrés, ignorant le danger qui le guette.
Un maire martyr

L’après-midi du 2 septembre, de violents combats éclatent lorsque l’arrière-garde française retarde l’avancée allemande. Pris pour des tirs de francs-tireurs civils, ces actes de résistance exaspèrent l’état-major ennemi. En représailles, Eugène Odent est arrêté et pris en otage avec plusieurs de ses concitoyens. Reconnu injustement responsable de la situation, il subit des heures d’interrogatoire brutal avant d’être conduit à Chamant. C’est là, dans la soirée, qu’il est lâchement fusillé à l’âge de 59 ans, aux côtés de six autres otages senlisiens, tandis qu’une grande partie de sa ville est livrée aux flammes.



Aujourd’hui, l’histoire d’Eugène Odent demeure le symbole du devoir civique poussé jusqu’au sacrifice suprême. En refusant de fuir, il a incarné la dignité d’une République face à la barbarie. Plus d’un siècle plus tard, honorer sa mémoire à travers les archives et les photographies d’époque reste indispensable pour que les générations futures n’oublient jamais le prix de la liberté.