
Image ci-dessus : Les ruines du Manoir de la Source à Baron (Oise), après son incendie par les troupes allemandes le 3 septembre 1914.
C’est au cœur de cette demeure que le compositeur Albéric Magnard (souvent orthographié à tort Mignard dans les récits locaux) s’est éteint les armes à la main en tentant de défendre son domaine. (Cliché d’époque colorisé par le site Histoire et mémoire).

Le 3 septembre 1914, la commune de Baron, voisine de Nanteuil-le-Haudouin, devient le théâtre d’un des drames les plus poignants du début de la Grande Guerre. C’est là que s’éteint, les armes à la main, Albéric Magnard, l’un des plus brillants compositeurs français de sa génération. Alors que l’invasion allemande pousse les populations à l’exode, cet homme de 49 ans refuse catégoriquement de fuir. Après avoir mis sa famille à l’abri, il choisit de rester seul pour défendre sa propriété, le « Manoir de la Source ».
Lorsque les premiers cavaliers allemands (des Uhlans) pénètrent dans son domaine, Albéric Magnard n’hésite pas. Fidèle à ses idéaux de justice et d’indépendance, il ouvre le feu sur les envahisseurs, tuant un soldat ennemi. En représailles, la troupe allemande encercle la maison et y met le feu. Le compositeur périt carbonisé au milieu des flammes, refusant de se rendre. Ce geste héroïque se double d’une immense tragédie culturelle : l’incendie ravage l’ensemble de son œuvre, détruisant à jamais plusieurs de ses manuscrits musicaux inédits et irremplaçables.
Surnommé le « barde de l’Oise », Albéric Magnard est devenu le symbole de l’artiste engagé, poussant le patriotisme et le refus de la soumission jusqu’au sacrifice ultime. Plus d’un siècle après les faits, redécouvrir sa musique et honorer son courage à Baron demeure un acte essentiel de notre mémoire collective.