Les Allemands de retour à Ham en mars 1918

Mars 1918 : Tempête sur Ham et Aubigny

Les Allemands de retour dans une région déjà dévastée Un an seulement après avoir évacué la région en la détruisant, […]

Les Allemands de retour dans une région déjà dévastée

Un an seulement après avoir évacué la région en la détruisant, l’armée allemande y revient en force. Le 21 mars 1918, l’état-major allemand lance la Kaiserschlacht (la bataille de l’Empereur). Cette gigantesque Offensive du Printemps brise le front et replonge le secteur de Ham et d’Aubigny au cœur d’une guerre de mouvement d’une violence inouïe.

Les Allemands de retour à Ham en mars 1918

Colonne de combat d’infanterie sur la place du marché de Ham, reprise lors de l’offensive de printemps de 1918.

1. L’opération Michael : briser le front allié

L’objectif allemand est d’enfoncer les lignes alliées à la jonction des armées française et britannique. Le secteur de Saint-Quentin, Ham et Péronne subit le choc principal de cette attaque, baptisée opération Michael.

Dès les premières heures, un bombardement d’artillerie d’une intensité inégalée pilonne la zone, suivi par l’assaut des Stoßtruppen (troupes de choc allemandes) qui progressent rapidement grâce au brouillard matinal.

2. Aubigny et Ham sous le choc de l’invasion

La progression allemande est fulgurante. En moins de 48 heures, le système défensif britannique s’effondre :

  • La chute d’Aubigny : Situé sur l’axe de progression immédiat des troupes impériales, le secteur d’Aubigny subit de plein fouet les combats de retardement menés par les Alliés pour tenter de bloquer les passages de cours d’eau.
  • La reprise de Ham : Dès le 23 mars 1918, les troupes allemandes réinvestissent Ham. Pour les civils restés sur place ou récemment revenus pour reconstruire, c’est le début d’une seconde et cruelle occupation

Compagnie d’infanterie armée de mitrailleuses légères progressant dans la ville de Ham, prise de contrôle. À gauche : locomotive anglaise à voie étroite capturée.

Ham 1918

3. L’ironie tragique du paysage de 1918

Pour les soldats allemands qui repassent par Ham et Aubigny, le paysage est une vision d’apocalypse qu’ils ont eux-mêmes créée un an plus tôt. Ils doivent progresser au milieu des ruines des ponts qu’ils avaient dynamités en mars 1917 et des arbres qu’ils avaient abattus.

Cette seconde occupation sera cependant de courte durée. Épuisée par son offensive, l’armée allemande sera définitivement chassée de Ham et d’Aubigny quelques mois plus tard, à la fin de l’été 1918, lors de la contre-offensive victorieuse des Alliés.


Voir également : Le repli des Allemands vers Ham

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