Depuis le 23 juillet, le président Raymond Poincaré et son président du Conseil des Ministres René Viviani sont en mer, voguant vers la Suède. Peut-on en déduire que Vienne ait attendu le départ du chef de l’état français de Russie pour adresser l’ultimatum lancé par l’Autriche à Belgrade ?
L’ambassadeur d’Allemagne au Quai d’Orsay

Le 24 juillet au matin, toutes les chancelleries d’Europe ont pris connaissance de la sommation envoyée à la Serbie. A Paris, l’intérim des Affaires Etrangères est assuré par M. Bienvenu-Martin, Ministre de l’Instruction publique. Celui-ci reçoit l’ambassadeur allemand M. de Schoen dans l’après-midi. Il lui fait lecture d’une note dans laquelle il fait savoir que le litige actuel entre Vienne et Belgrade ne doit pas traverser les frontières des deux pays concernés, sans quoi les conséquences à redouter seraient très graves. A cet entretien assistait également M; Philippe Berthelot, directeur des Affaires publiques.
Raymond Poincaré abrège sa visite en Suède
La visite en Russie comportait trois autres étapes supplémentaires avant le retour à Paris du président de la République. A Stockholm, ce fut une visite chaleureuse au roi Suède Gustav V. Toutes les cérémonies officielles se sont trouvées honorées. Mais, prévenu de l’accélération des évènements, il s’excusa auprès du roi Christian X du Danemark et de celui de Norvège Haakon VII de l’annulation de sa venue.
Raymond Poincaré prit la mer dans la nuit du 26 au 27 juillet 1914 et rentra en France. A Dunkerque, une foule immense l’attendait sur le port. Le train devait le mener ensuite à la Gare du Nord à Paris où, la aussi, un public nombreux, l’acclama et l’accompagna jusqu’à l’Elysée aux cris de « Vive la France » !


