Général-colonel Karl von Bülow

Un grand chef militaire prussien au cœur de la tourmente de 1914 Ce portrait du Général Karl von Bülow est […]

Un grand chef militaire prussien au cœur de la tourmente de 1914

Ce portrait du Général Karl von Bülow est extrait du livre allemand « Illustrierte Chronik des Krieges ». De ce fait, cet article se veut partial.

Général von Bülow
Général Karl von Bülow

Aucune autre famille de la vieille noblesse prussienne a fait don à la patrie d’une si longue lignée de chefs de troupes compétents et d’hommes d’État méritants que la lignée très ramifiée des von Bülow.

Leurs réunions de famille annuelles constituent un événement social de premier ordre dans la capitale impériale allemande. Lors de la dernière grande guerre, elle a sacrifié plus d’une douzaine de ses jeunes rejetons sur les champs de bataille fertilisés par le sang. Cette famille est si connue en Basse-Allemagne que le peuple a donné son nom à notre messager du printemps ailé le plus beau et le plus mélodieux, le loriot (Pirol, historiquement lié au nom Bülow). Deux étoiles de première grandeur brillent dans ce ciel si riche : le nom du baron et plus tard comte Friedrich Wilhelm von Bülow (1755-1816), qui, par sa brillante victoire à Dennewitz sur le courageux Ney, sauva Berlin des Français, et décida plus tard définitivement du sort du grand Corse (Napoléon) sur les champs de Waterloo par la prise de Plancenoit ; et celui du comte et plus tard prince Bernhard von Bülow, le chancelier le plus couronné de succès du nouvel Empire allemand unifié après Bismarck. À eux s’ajoute désormais un troisième : le général-colonel Karl von Bülow, chef de notre victorieuse IIe armée sur le théâtre d’opérations occidental. C’est lui qui, de concert avec la IIIe armée du général-colonel von Hausen, écrasa le 27 août entre Meuse et Sambre une armée franco-anglo-belge d’au moins 8 corps, arrivée trop tard pour secourir Namur.

lI l’écrasa et la mit complètement en déroute le 31 août au sud de la célèbre ville de Saint-Quentin, lui prenant au passage 6 drapeaux, 59 canons et près de 11 000 prisonniers. La soumission rapide de Namur et de Maubeuge, où 40 000 Français durent déposer les armes le 7 septembre, est aussi en grande partie son œuvre. Ainsi s’est-il manifesté une fois de plus, comme si souvent dans cette guerre, qu’on avait su placer l’homme qu’il fallait à la place qu’il fallait. 

Général von Bülow

Karl von Bülow est né le 21 mars 1846 à Berlin, fils du lieutenant-colonel en retraite Paul von Bülow et de son épouse Marie, née von Waldow. Baptisé à l’eau de la Sprée (un vrai Berlinois), il passa toute sa scolarité dans la capitale impériale, à l’exception d’un détour par Hamm. Il fréquenta le très célèbre lycée Wilhelm (Wilhelms-Gymnasium), qui a formé tant d’hommes éminents. À l’âge de dix-huit ans, il s’engagea dans le 2e régiment de la Garde à pied et put ainsi participer à la campagne de 1866 en tant que sous-lieutenant. Légèrement blessé lors de l’assaut de Soor, il resta néanmoins au front et se battit vaillamment quelques jours plus tard lors de la bataille décisive de Sadowa (Königgrätz). En 1870, il servit dans la Landwehr de la Garde, gagna la Croix de fer devant Strasbourg et devint lieutenant après la fin de la guerre. Les années suivantes, on le voit principalement occuper des fonctions d’aide de camp, jusqu’à ce qu’il reçoive en 1876 sa convocation tant attendue pour servir au Grand État-Major général et obtienne peu après sa nomination au grade de capitaine. Bientôt, les instances supérieures remarquèrent ses aptitudes stratégiques exceptionnelles, et c’est pourquoi il ne quitta guère le bâtiment de l’État-Major jusqu’en 1890, bien qu’il fût temporairement muté dans des états-majors de province, notamment à Altona, Bromberg et Stettin, où il devint chef d’état-major du IIe corps d’armée. Durant toutes ces années, Karl von Bülow ne fit du service au front que pendant une très courte période à Gera, où il commanda en 1884 la 6e compagnie du 96e régiment d’infanterie. Ce n’est qu’en 1893 qu’il retourna au front en tant que colonel du 4e régiment de la Garde à pied. Entre-temps, il avait épousé Molly von Kracht dans une union heureuse et était devenu père de trois enfants. L’année 1897 lui apporta sa nomination au grade de général de brigade (Generalmajor), et il se disait alors partout qu’il était pressenti pour devenir le futur ministre de la Guerre en succession de Gossler. Contre toute attente, c’est le général von Einem qui fut nommé, car on était sans doute arrivé à la conclusion que ce poste ne correspondait pas tout à fait au talent si particulier de Bülow, qui était en revanche bien plus à sa place en tant que haut commandant de troupes. Ainsi, il reçut en 1900 le commandement de la 2e division de la Garde avec le grade de général de division (Generalleutnant), fut temporairement quartier-maître général en 1902, puis obtint en 1903, après la démission du général von Lignitz, le commandement du IIIe corps d’armée. Il occupa sans interruption jusqu’en 1912 ce poste à grandes responsabilités, qui correspondait si bien à ses penchants personnels et à ses aptitudes. Lors des grandes manœuvres impériales (Kaisermanöver) de cette année-là en Saxe, Bülow déploya des performances stratégiques et tactiques si remarquables à la tête de l’armée « rouge » qu’il fut nommé général-colonel (Generaloberst) immédiatement après, et reçut l’affectation de la troisième inspection d’armée à Hanovre, où les VIIe, IXe et XIe corps étaient sous ses ordres.

À peine deux ans plus tard, il vient de prouver qu’en cas de guerre réelle, il sait commander de main de maître de grandes masses de troupes et les conduire à la victoire. 

Voir également : Le général von Kluck

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