A quatre heures du matin, le 23 juillet 1914, un véritable coup de tonnerre s’abat sur la Serbie. Elle reçoit un ultimatum attentatoire à son indépendance préparé d’un commun accord par avance par les chancelleries de Vienne et de Berlin. L’Allemagne avait déjà prévenu le 5 juillet de son soutien total à l’Autriche.


Si bien des tensions s’étaient élevées entre l’Autriche et la Serbie, rien ne laissait prévoir un tel cataclysme. Un délai de 48 heures est donné à Belgrade pour répondre aux exigences de Vienne :
- Suppression de tous les journaux agressifs et inamicaux à l’Autriche-Hongrie;
- Enquête externe par des fonctionnaires autrichiens sur l’assassinat du couple princier.
La Serbie, sage et pacifique, s’incline devant l’ultimatum sauf sur un point crucial : la participation de fonctionnaires étrangers qu’elle juge contraire à sa liberté.
Le 25 juillet, à 17 h 55, Nikola Pasic, Premier ministre serbe, remet en personne la réponse de la Serbie à l’ultimatum directement au baron Giesl à l’ambassade austro-hongroise. après avoir parcouru rapidement le document, ce dernier rompt immédiatement les relations diplomatiques. Avec tout le personnel de l’ambassade, il se rend à la gare pour prendre le train pour Vienne.
Deux jours plus tard, le 27 juillet, Belgrade, indéfendable, est évacué par ordre du voïvodie Putnik, chef d’état-major général de l’armée serbe.
Le chef d’état-major de l’armée-austro-hongroise, le général Conrad de Hotzendorf, fait bombarder Belgrade, ville pourtant déclarée ouverte.

