Le vainqueur de Verdun et le chef attentif
En février 1916, face à la formidable offensive allemande sur Verdun, Philippe Pétain reçoit le commandement du secteur.
Sa stratégie défensive, l’organisation de la rotation des troupes (la « noria ») et la sécurisation du ravitaillement via la Voie Sacrée permettent de contenir l’assaut.
Nommé commandant en chef des armées françaises en mai 1917, il rétablit la discipline et le moral des troupes après l’échec sanglant du Chemin des Dames. Sa doctrine militaire pragmatique (« J’attends les chars et les Américains ») privilégie l’économie des vies humaines, ce qui lui vaut un profond respect de la part des poilus.


Un destin historique en deux temps
Élevé à la dignité de Maréchal de France en novembre 1918, Pétain est immortalisé dans cet album comme l’un des grands artisans de la victoire.
Pour les historiens et les projets mémoriels, ce document de 1920 fige l’image du héros militaire de la Grande Guerre, avant que l’histoire ne bascule vingt ans plus tard. L’étude de ce portrait permet de comprendre la construction du prestige immense qui conduira, dans le contexte dramatique du désastre de mai-juin 1940, à son installation à la tête du régime de Vichy et à la collaboration.
Repères chronologiques : Le parcours de Philippe Pétain (1914-1918)
- 24 avril 1856 : Naissance à Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais).
- Août 1914 : Alors qu’il est sur le point de prendre sa retraite comme colonel, la guerre éclate. Ses succès tactiques initiaux lui valent d’être nommé rapidement général de brigade.
- Février 1916 : Prend le commandement de la défense de Verdun et stoppe la progression allemande.
- Mai 1917 : Nommé commandant en chef des armées françaises. Il gère la crise des mutineries en améliorant le quotidien des soldats et en suspendant les offensives massives.
- 19 novembre 1918 : Reçoit le bâton de Maréchal de France à Metz.
- 1920-1930 : Occupe les plus hautes fonctions militaires (Vice-président du Conseil supérieur de la Guerre) et entre à l’Académie française.
