L’échange des télégrammes à la veille de la guerre

Ces missives qui n’ont pas sauvé la paix…

Le roi George V
Le roi George V. Image à l’origine en noir et blanc colorisée par intelligence artificielle – Source : Album de la Guerre 1914-1918
Guillaume II, empereur d'Allemagne en tenue militaire.
Guillaume II en 1914. Photographie à l’origine en noir et blanc colorisée par l’intelligence artificielle, issue de ma collection personnelle.

Télégramme du roi George V à l’empereur Guillaume II le 1er août 1914,,

« Merci pour votre télégramme d’hier soir. J’ai envoyé un télégramme urgent à Nicolas pour lui faire part de ma volonté de tout mettre en œuvre pour favoriser la reprise des négociations entre les puissances concernées. George ».

Télégramme de l’ambassadeur d’Allemagne à Londres le 1er août 1914

« Sir Edward Grey vient de m’appeler au téléphone et m’a demandé si je pensais pouvoir garantir que, dans l’hypothèse où la France resterait neutre en cas de guerre germano-russe, les Français n’attaqueraient pas. Je lui ai répondu que je pensais pouvoir assumer cette responsabilité. Lichnowsky ».

Télégramme de l’empereur Guillaume II au roi George V le 1er août 1914

« Je viens de recevoir la communication de votre gouvernement, par laquelle il propose la neutralité française sous la garantie de la Grande-Bretagne. Cette offre était accompagnée de la question de savoir si, dans ces conditions, l’Allemagne renoncerait à attaquer la France. Pour des raisons techniques, la mobilisation que j’ai ordonnée dès cet après-midi sur deux fronts, à l’est et à l’ouest, doit se dérouler comme prévu. Il n’est plus possible de donner un contre-ordre, car ton télégramme est malheureusement arrivé trop tard. Mais si la France m’offre sa neutralité, qui doit être garantie par l’armée et la flotte anglaises, je m’abstiendrai bien sûr de l’attaquer et j’utiliserai mes troupes à d’autres fins. J’espère que la France ne s’inquiétera pas. Les troupes stationnées à ma frontière viennent de recevoir l’ordre, par télégramme, de ne pas franchir la frontière française. Guillaume ».

Télégramme du chancelier du Reich à l’ambassadeur impérial à Londres le 1er août 1914

« L’Allemagne est prête à accepter la proposition britannique si l’Angleterre s’engage à maintenir la neutralité inconditionnelle de la France dans le conflit germano-russe. La mobilisation allemande a eu lieu aujourd’hui en raison de la provocation russe, avant même la réception des propositions britanniques ; par conséquent, le déploiement à la frontière française est désormais inévitable. Nous garantissons toutefois que nos troupes ne franchiront pas la frontière française avant le lundi 3 août à 19 h, sous réserve de la réception de l’engagement de l’Angleterre d’ici là. Von Bethmann Hollweg ».

Télégramme du roi George V à l’empereur Guillaume II le 1er août 1914

La proposition de Sir Edward Grey, fondée sur le désir de créer la possibilité d’une neutralité durable de l’Angleterre, fut faite sans consultation préalable de la France et sans connaissance de la mobilisation, et a depuis été abandonnée, jugée totalement vaine. Lichnowsky.

Tous ces télégrammes échangés n’ont rien changé : la guerre a bien été déclenchée, l’empereur Guillaume II la souhaitait ardemment. François Joseph, l’empereur d’Autriche, lui, espérait régler pacifiquement le problème serbe. Ce n’est que sous la pression de ses généraux qu’il a signé le décret annonçant la mobilisation. L’engrenage a suivi, avec la mobilisation des Allemands, des Russes, puis des Français et des Anglais…et le reste du monde.

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