Lance-flammes allemand

Un nouveau matériel de guerre : le lance-flammes allemand 1. Identification du matériel : Le « Kleif » ou le « Wex » L’armée […]

Un nouveau matériel de guerre : le lance-flammes allemand

Le lance-flammes allemand
Utilisé par les troupes d’assaut, le lance-flammes s’avérait être une arme redoutable (Photographie à l’origine en noir et blanc colorisée par l’intelligence artificielle, montrant l’utilisation d’un lance-flammes portatif durant la Première Guerre Mondiale. Source : Der Weltkrieg im Bild)

1. Identification du matériel : Le « Kleif » ou le « Wex »

L’armée allemande utilisait l’un des deux systèmes portatifs légers mis au point par l’armée impériale allemande :

  • Le Kleif (Kleinflammenwerfer) : Introduit dès le début du conflit, il s’agit d’un réservoir cylindrique vertical porté sur le dos. Il nécessitait généralement deux hommes : l’un portant le réservoir de fluide inflammable (Flammöl), l’autre dirigeant la lance de tir (Strahlrohr). C’est exactement le binôme que l’on observe ici en action. 
  • Le Wex (Wechselapparat) M.1917 : Si l’image montre un modèle plus tardif, il pourrait s’agir du Wex, reconnaissable à son réservoir dorsal en forme de bouée (tore) entourant une sphère de propulsion centrale. Plus léger, il offrait une meilleure mobilité aux équipes d’assaut. 

2. Organisation de l’équipe de tir

Le binôme opérationnel est parfaitement visible sur le document :

  • Le porte-lance (à gauche) : Il tient la lance de projection. Sa posture est courbée pour résister au fort recul provoqué par la pression du gaz lors de l’éjection du liquide enflammé. [1]
  • Le porte-réservoir (à droite) : Il transporte l’appareil dorsal contenant le mélange d’huile lourde et de goudron, ainsi que la bouteille d’azote sous pression qui sert d’agent propulseur. Il suit de près le premier soldat pour ne pas tendre le tuyau de raccordement. 

3. Données techniques générales (Modèles 1915-1917)

  • Portée pratique : Environ 20 à 30 mètres pour ces modèles légers.
  • Mélange inflammable : Un composé d’huiles de goudron de houille visqueuses, conçu pour coller aux surfaces et produire d’épaisses volutes de fumée noire saturante (très visibles en arrière-plan de l’image).
  • Système d’allumage : Une cartouche d’allumage ou un dispositif à friction placé à l’extrémité de la lance qui enflammait le jet de pétrole dès sa sortie du tube.
  • Durée de propulsion : Le réservoir permettait d’effectuer plusieurs giclées courtes (environ 10 à 15 tirs d’une seconde). 

4. Contexte historique et tactique

Les premiers lances-flammes ont été déployés de manière structurée par le Garde-Reserve-Pionier-Regiment (le régiment de pionniers de la Garde réquisitionné pour tester les armes spéciales) sous la direction du major Bernhard Reddemann. 

Ils ont été utilisés pour la première fois à grande échelle lors des combats dans le secteur de Verdun (bois de Consenvoye) en février 1915, créant un effet de surprise et une terreur psychologique immense parmi les troupes alliées. Par la suite, ces équipes ont été intégrées aux fameux bataillons d’assaut (Rohr-Sturmbataillon) pour nettoyer les tranchées et détruire les casemates fortifiées que l’artillerie n’arrivait pas à réduire. 

Contre l’arme moderne la plus terrible, le lance-flammes, même le plus brave des hommes se battait en vain. De denses volutes de fumée provenant de l’huile lourde enflammée saturent l’air. Dans l’attitude et la posture des soldats s’exprime l’immense tension de ce moment d’horreur. Il n’existe pas de second cliché de cette nature issu de ces combats meurtriers.

Le terme Stoßtrupp (Troupe d’assaut) : Ce mot est capital. Le lance-flammes léger (le Kleif) n’était pas attribué à l’infanterie de ligne classique. Il était l’outil exclusif de ces sections d’élite formées pour nettoyer les tranchées à bout portant. L’utilisation du mot vorgehenden (qui avance / progresse) renforce l’idée de mouvement et d’initiative tactique, rompant avec l’image d’une armée allemande passivement enterrée dans ses lignes.
L’épaisse fumée noire : L’ immense colonne de fumée visible sur le cliché n’est pas un incendie provoqué par hasard, mais l’effet recherché du Flammöl (l’huile lourde). En plus de brûler, le jet créait un écran opaque destiné à masquer l’avance des autres soldats du groupe d’assaut et à aveugler les tireurs de mitrailleuses ennemis.


Voir également : Le canon allemand 38 cm SK/45 sur rail

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